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Entre menace, censure et libert�: La presse priv� alg�rienne se bat pour survivre

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H�ritier du parti unique qui domine l�Alg�rie depuis l�ind�pendance, le pouvoir alg�rien n�est pas un pouvoir totalitaire. Il admet la l�gitimit� d�une opposition et d�une presse priv�e tout en cherchant � les museler. Il en r�sulte des espaces d�action et de libert� dans lesquels s�engouffre la presse priv�e. Si l�Alg�rie doit devenir une nation d�mocratique, ce qu�elle pr�tend �tre officiellement, il est imp�ratif d��largir ces espaces.

Le d�veloppement de ces libert�s repose essentiellement sur quatre acteurs :

- l�Assembl�e nationale o� toutes les sensibilit�s politiques de la soci�t� alg�rienne, � l�exception du FIS, sont repr�sent�es et o� s�expriment et s�affrontent les grandes oppositions identitaires qui divisent la soci�t� alg�rienne : islam/la�cit�, autoritarisme/d�mocratie, culture arabe/berb�re /francophone, confrontation/dialogue avec le FIS, etc;

- une justice qui est loin d��tre ind�pendante du pouvoir : si des proc�s de � terroristes � se d�roulent en Alg�rie, ils n�offrent pas les garanties juridiques suffisantes;

- la soci�t� civile, repr�sent�e par des centaines d�associations n�es depuis le d�but des ann�es 90, mais dont le d�veloppement est entrav� par une l�gislation inadapt�e, des obstacles financiers et des pratiques h�rit�es du parti unique;

- la presse priv�e, qui fait l�objet de ce rapport.

Dans la soci�t� alg�rienne, les journaux priv�s constituent aujourd�hui les seules organisations ind�pendantes dot�es d�une certaine force, d�une relative ind�pendance et d�une fragile autonomie. Pour des centaines de milliers d�Alg�riens, ils repr�sentent la seule possibilit� d�avoir acc�s � une information plurielle, contrairement � l�information diffus�e par les m�dias audiovisuels totalement contr�l�s par les autorit�s. Plus encore que l�Assembl�e �lue en 1996, cette presse constitue un r�el espace de libert� et d�expression au sein d�une soci�t� civile alg�rienne que certains, au sein de r�gime, pr�f�reraient muette et que d�autres voudraient voir r�gie exclusivement par la loi islamique. A moyen terme, ces m�dias constituent, avec l�Assembl�e nationale et la soci�t� civile, le meilleur investissement et le plus grand espoir d�une d�mocratisation de l�Alg�rie.

Ce sont �galement ces journaux qui, bravant la langue de bois officielle, ont r�v�l� au monde les massacres � grande �chelle des derniers mois et le sort tragique des victimes. Ils constituent souvent la principale, voire la seule source d�information cr�dible sur les �v�nements qui ensanglantent le pays. Sans eux, la trag�die alg�rienne serait largement occult�e.

Les journalistes ont pay� ch�rement le prix de leur qu�te de libert�. Soixante d�entre eux ont �t� tu�s en Alg�rie depuis 1993. Les groupes islamistes arm�s ont directement ou indirectement revendiqu� la plupart des ces assassinats. Le dernier remonte � l��t� 1996, ce qui semble traduire un changement de strat�gie des groupes islamistes arm�s. En th�orie, la presse alg�rienne est libre. Le Code de l�information de 1990 a mis fin au monopole de l�Etat. Mais l��tat d�urgence d�cr�t� en 1992 et des mesures concernant les � informations s�curitaires �, de m�me que l�usage de diverses formes de censure limitent s�rieusement la libert� de la presse. De plus, l�Etat d�tient le monopole du papier et de l�impression ainsi qu�un quasi monopole de la publicit� � travers les entreprises publiques.

Dans l�ensemble, malgr� ces contraintes, la presse montre � l��gard des autorit�s une grande ind�pendance et une grande libert� de ton, notamment � travers les �ditoriaux. La couverture de la p�riode r�cente � par exemple les �lections municipales � la critique des dirigeants, et m�me le traitement de l�information dite � s�curitaire � le d�montrent. En revanche les violations des droits de l�homme commises par l�Etat ne font pas l�objet d�une attention suffisante. C�est la principale ombre au tableau. Bien qu�appartenant � des sensibilit�s politiques et �conomiques diff�rentes, les six journaux priv�s qui se vendent le mieux (El Khabar, El Watan, Libert�, Le Soir d�Alg�rie, La Tribune, Le Matin), partagent un mod�le politique bas� sur la s�paration de la religion et de l�Etat et refusent tout dialogue avec le Front Islamique du Salut (FIS).

La presse priv�e a surv�cu � la volont� des islamistes int�gristes de l�abattre et elle a r�sist� aux pressions du pouvoir. Elle est un indicateur du degr� d�ouverture politique en Alg�rie. Actuellement, elle se bat pour obtenir son ind�pendance financi�re et pour acc�der aux informations sur le conflit et les violences. Plus encore que les travaux des assembl�es parlementaires dont la repr�sentativit� est contest�e � surtout le S�nat � et qui sont contr�l�es par le parti du pr�sident Z�roual, la libert� et l�autonomie qui seront laiss�es � la presse alg�rienne constituent un barom�tre de la volont� de d�mocratisation affich�e par les autorit�s. La possibilit� pour les journaux de traiter de � l�information s�curitaire � et de critiquer les exactions et les violations des droits de l�Homme par les forces de s�curit� seront des tests importants � l�avenir.

Enfin, cette presse priv�e n�e en 1990 dans un pays sans tradition d�mocratique est d�ores et d�j� probablement la plus libre du monde arabe.

Toutefois, la t�l�vision et la radio, qui jouent un r�le d�terminant dans un pays de tradition orale, restent enti�rement aux mains de l�Etat. Ce monopole est n�anmoins contourn� par les cha�nes �trang�res, notamment les cha�nes fran�aises, �mises par satellite.

ICG recommande aux gouvernements et aux organisations internationales de soutenir l�existence et le d�veloppement de la presse priv�e, en protestant contre toute censure ou intimidation, en liant tout nouvel accord de coop�ration avec l�Alg�rie � la fin du monopole sur l�imprimerie et le papier, en favorisant la formation et les contacts de journalistes alg�riens dans des pays d�mocratiques et en demandant � l�Alg�rie d�ouvrir le secteur de l�audiovisuel et de lever toute restriction au d�placement des journalistes alg�riens et �trangers en Alg�rie.

ICG recommande �galement de soutenir les organisations de la soci�t� civile alg�rienne, ind�pendantes du pouvoir et des partis islamistes, organisations qui sont souvent totalement d�munies, mais qui sont indispensables � la consolidation du processus d�ouverture.

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