In FrenchIn SpanishIn Russian
Algeria
Central Africa
Somalia
Sudan
West Africa
Zimbabwe
Afghanistan & Pakistan
Burma/Myanmar
Central Asia
Indonesia
Albania
Bosnia
Kosovo
Macedonia
Montenegro
Serbia
Colombia
EU
HIV/AIDS
Terrorism
Overview
Who's on ICG's Board
Who's on ICG's Staff
What they say about ICG
Publications
Latest Annual Report
Comments/Op-Eds
Internal News
Web site of Gareth Evans
Vacancies
How to help
Donors
ICG Brussels
ICG Washington
ICG New York
ICG Paris
ICG London
Media Releases
Media Contacts
Comments/Op-Eds
Crisisweb
About ICG
Information
Contacts
Funding
Media
Projects
Africa
Asia
Balkans
Latin America
Middle East
Issues

Subscribe to ICG newsletter
 
 
Search
 
 

l'Economie algérienne: le cercle vicieux du pétrole et de la violence


SYNTHESE ET RECOMMANDATIONS

La crise en Algérie, qui dure déjà depuis dix ans, n'est pas la simple conséquence de l'interruption des élections de décembre 1991 par un coup d'Etat soutenu par l'armée visant à maintenir le Front Islamique du Salut (FIS) à l'écart du pouvoir. Elle est également une crise économique. Les mêmes parties qui se sont battues pour le contrôle de l'Etat sont également celles qui pillent les ressources du pays.

Les chefs militaires manipulent l'atmosphère de peur et de violence pour accumuler des fonds, notamment par l'intermédiaire de commissions sur le commerce, qu'ils utilisent pour soutenir un vaste système de parrainage politique qui conforte leur emprise sur le pouvoir. Les islamistes utilisent l'état d'urgence pour financer leurs activités au travers de l'extorsion et du marché noir. Pendant ce temps, les groupes d'intérêts du secteur privé comme ceux du secteur public s'engouffrent dans les brèches de la culture officiellement avalisée de corruption et de profit pour engranger des gains personnels à l'occasion du processus de privatisation et pour s'opposer à une véritable concurrence dans des secteurs clés comme le bâtiment ou l'industrie pharmaceutique. La masse de la population demeure exclue des bénéfices promis par la libéralisation du marché.

Les pressions visant à ouvrir le champ politique et l'économie se font plus fortes, mais les autorités n'y ont jusqu'à présent pas répondu. La poursuite de la violence leur est profitable financièrement et leur survie dépend de leur réussite à éviter un type de règlement qui mettrait en danger leur pouvoir politique et économique arbitraire. Particulièrement dans la période actuelle de fermeté internationale face au terrorisme, le régime algérien a reçu très peu de sollicitations de la part de la communauté internationale pour négocier avec les islamistes, voire à engager une véritable réforme démocratique et économique.

Paradoxalement, l'Algérie n'a jamais été en aussi bonne position, en termes macro-économiques, pour promouvoir les réformes structurelle et fiscale que le FMI, parmi d'autres, lui recommande d'adopter depuis des années. Même au plus fort de la violence dans le nord du pays , le secteur des hydrocarbures du sud du Sahara a continué à attirer les capitaux des compagnies pétrolières internationales, compensant ainsi la pauvreté des investissements locaux et étrangers directs dans d'autres secteurs.

Etant donné que les champs de pétrole du Sahara sont loin des zones peuplées, les activités d'exploration et d'exploitation sont restées à l'écart du conflit, un peu comme s'il s'agissait d'activités offshore. La demande de gaz algérien par l'Europe du sud a augmenté de manière substantielle au cours des dix dernières années, faisant de ce gaz une ressource stratégique aussi bien pour les voisins européens de l'Algérie que pour les autorités militaires du pays. Ainsi les gazoducs au départ de l'Algérie fournissent-ils à l'Espagne 75 % de ses besoins en gaz naturel, au Portugal (en passant par l'Espagne) 100 % et à l'Italie 54 %. Ces trois pays – plus la France pour des raisons historiques complexes – ne sont guère disposés à rompre leurs solides relations avec les autorités algériennes.

Le tableau macro-économique dissimule toutefois une réalité micro-économique bien plus sombre. Contrairement au secteur des hydrocarbures en pleine expansion et qui génère 97 % des recettes des exportations extérieures, l'économie intérieure est en pleine stagnation, sous l'effet d'un manque d'investissements aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, avec pour résultat un taux de chômage avoisinant officiellement les 30 %. Sous l'influence des plans préconisés par le FMI, la Banque Mondiale et l'Union Européenne (UE), des milliers d'ouvriers ont été licenciés à la suite de la restructuration des industries en vue de leur privatisation. Mais peu nombreux ont été les investisseurs qui ont racheté des usines de l'industrie lourde, peu performantes et tournant à 40 % environ de leurs capacités depuis plus de dix ans. Les investissements publics dans le logement, la santé, les infrastructures et les transports ont été négligés en faveur de l'importation de marchandises de base. L'ouverture du marché à de nouveaux investisseurs, qui, en vertu d'accords avec les institutions financières internationales et l'UE, est en cours de préparation dans l'optique d'une libéralisation totale du commerce d'ici 2012 , est sévèrement contrôlée.

Le mécontentement populaire a manifestement grandi depuis le printemps 2001 mais pas, cette fois-ci, à cause de la violence inspirée par les islamistes. Même si les islamistes demeurent actifs dans les zones rurales, le cri de ralliement des manifestants de la région berbère de Kabylie était dirigé contre la "hogra" – le peu d'attention et le mépris avec lesquels les dirigeants de l'Algérie répondent aux besoins de l'ensemble de la population. Il est de plus en plus manifeste que la poursuite de la violence a en réalité renforcé la concentration du pouvoir économique et politique dans les mains de l'élite militaire. Les dirigeants de l'Algérie ont alimenté leur propre enrichissement, non seulement pendant la crise de ces dix dernières années, mais aussi grâce à elle. Au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre aux Etats-Unis, la communauté internationale ne peut plus ignorer les exigences de la population algérienne d'une participation pleine et entière à une économie et une démocratie stables. Rester aveugle face à la poursuite de la violence dans le pays ne pourrait que re-dynamiser le mouvement de recrutement dans les organisations islamistes radicales. L'absence d'alternatives politiques et économiques pourrait également renforcer la cause des islamistes. Elle a déjà encouragé la criminalité à proximité des frontières sud de l'UE et l'émigration illégale vers le Nord, en direction de l'Europe, souvent dans des conditions marquées par la violence et le désespoir. Alors que les gouvernements occidentaux et les institutions financières internationales cherchaient à promouvoir la stabilité, un régime de type mafieux est devenu en lui-même un facteur d'instabilité.

RECOMMANDATIONS

AUX AUTORITES MILITAIRES ALGERIENNES

1. Respecter l'indépendance des branches législative et exécutive du gouvernement.

AU GOUVERNEMENT ALGERIEN

2. Tenir son engagement de mettre en place un système judiciaire indépendant et efficace.

3. Mettre en place des organismes efficaces de consultation entre le gouvernement, le monde du travail et le secteur privé.

4. Poursuivre la privatisation des entreprises d'Etat tout en mettant parallèlement en place des filets de sécurité en matière d'emploi.

5. Poursuivre la réforme fiscale, notamment en matière d'imposition des particuliers et des sociétés.

6. Améliorer l'accès du secteur privé aux financements grâce à la poursuite de la réforme bancaire.

AU FMI ET A LA BANQUE MONDIALE

7. Reconnaître que les autorités algériennes sont réticentes à mettre en œuvre d'elles-mêmes les priorités énoncées ci-dessus et, par conséquent, lier la coopération à l'avancement d'une véritable réforme économique qui remplacerait les fiefs personnels par des structures institutionnels autonomes capables de libérer l'énorme potentiel économique du pays.

A L'UNION EUROPEENNE

8. Conclure, dans le cadre du Partenariat euro-méditerranéen (processus de Barcelone), un Accord d'Association avec l'Algérie, qui lie clairement une coopération économique plus étroite à la réforme politique.

Bruxelles, 26 octobre 2001




Home - About ICG - Algeria Menu - Publications - Media - Contacts - Site Guide - TOP - Credits



Back to the homepage
Latest Reports
l'Economie algérienne: le cercle vicieux du pétrole et de la violence
Report
26 October 2001

La Concorde civile: une initiative de paix manquée
Report
9 July 2001

La crise algerienne n'est pas finie
Report
20 October 2000

Elections Présidentielles en Algérie: Les enjeux et les perspectives
Report
13 April 1999

Assemblée populaire nationale: 18 mois de législature
Report
8 February 1999